Lecture : mars 2010 - Création le 27 janvier 2011
Avec : Jules Emmanuel Eyoum Deido,
Marie-Aude Weiss, Dahirou Togo, Clara Dumond, Yves
Nadot
Images : Eric Dydim
Scénographie : Laurent Vacher
Création sonore et
régie générale : Michaël Schaller
Création lumière et
vidéo :
Victor Egea
Coproduction : Action
culturelle du Pays de Briey
La compagnie du Bredin est conventionnée par
Derrière le mot prison se cache un archaïsme qui me semble venir d’une autre époque, un endroit où il n’y aurait eu aucune évolution depuis la nuit des temps. Par deux fois j’ai été sollicité pour intervenir en tant qu’« artiste » metteur en scène dans des maisons d’arrêt. Dans un premier temps, j’ai travaillé avec des mineurs dans une maison d’arrêt de la région parisienne. Là, à travers le reflet de l’échec social et scolaire et l’échec de l’insertion sur plusieurs générations, il y avait, au-delà des histoires individuelles, la démonstration de l’échec tout entier de notre société qui n’a pas su détecter ni arrêter les dérives. Au bout d’un an d’ateliers j’ai arrêté, rempli de doutes et de questions sur tout ce système. Quatre ans plus tard, j’ouvre un nouvel atelier dans une maison d’arrêt en Lorraine, pour des adultes cette fois-ci. Et, même pour moi qui n’y passe qu’une après-midi tous les quinze jours, la rudesse de l’établissement, la promiscuité et la vétusté des lieux sont d’une grande violence. La misère des hommes que je côtoie est immense, leurs paroles et leurs silences m’interpellent. Se croisent dans cet établissement un panel de personnalités : le gangster patenté, le marchand de barrette, le représentant de commerce sans permis récidiviste, l’accidenté du drame social et familial...
Se dresse alors une cour des miracles, miroir de la faille, miroir d’une désintégration sociale et humaine.
C’est à partir de ces impressions croisées et des interrogations qui depuis me hantent que j’ai ressenti le besoin et l’envie de prolonger le débat, de le partager. J’ai voulu donner écho aux bruits des portes et des clefs. J’ai surtout souhaité raconter la profonde solitude que vivent les détenus mais aussi les surveillants, les familles et tous ceux qui traversent ces bâtiments du naufrage.
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